E-3Clind'oeil du passé (Abbé Deroux)

deuxième partie

Clind'oeil du passé deuxième partie

 

Moines religieux nés à Erny Saint Julien.

Qui ne connaît Blangy et son pèlerinage. C’est dans ce modeste village que vécut Sainte Berthe fille du polatin  Rogobert. Et épouse de Sigefroid parent du roi Clovis. Après la mort de son mari, Berthe reçut d’un ange l’avis de demeurer à Blangy. Là elle bâtit un monastère et y mourut ensuite en odeur de sainteté le 12 juillet 728 en entendant une voix qui disait

«  Venez ô vous que j’ai choisie »

C’est dans le monastère de Blangy que vécurent les moines ci-dessous désignés.

Dom Philippe Deligny.

Comme deux enfants naquirent ici, à la même époque, et reçurent au baptème les mêmes noms ; l’un du mariage d’Antoine Deligny et de Pacôme  Bonnel, appelé Philippe, l’autre du mariage d’Augustin Deligny et d’ Anne Legrand, nommé aussi Philippe, on ne sait lequel des deux cousins germains devint religieux. Don Philippe Deligny  n’était point encore prêtre lorsqu’il parut au baptême  de Jean-Louis Deligny  car au bas de sa signature,on lit frère Philippe Deligny religieux  de Sainte Berthe mais quand il revient plus tard  pour être le parrain de Jeanne-  Françoise Deligny , il signe alors,Philippe Deligny prêtre religieux de  sainte Berthe à Blangy

Dom Benoît Pottel.

Il descendait de la famille Pottel assez ancienne d’Erny St Julien et très   opulente ; il y avait les Pottel Beudry et les Pottel Derrimille. Pierre-Louis Pottel père de Dom Benoît, entretient des rapports très intimes avec les capucins d’Aire. Il avait  épousé Anne Marie Cappe de  Baillon, fille d’Antoine  et d’Isabelle Defbvin qui le rendit père de Dom Benoît Pottel, moine Bénédictin à Blangy-les-Moines ; décédé abbé mitre de ce monastère en 1466. Il meure en cette paroisse, assisté à son lit de mort, par le Père Calixte capucin d’Aire. Dom Benoît Pottel religieux, vient ici baptiser Catherine,  Clémentine Pélagie Joseph Cappe de Baillon.

Monastère  De Renty

Le père Antoine récollet de Renty, était natif d’Erny- st- julien, comme le règle de ces  moines leur défendait de faire connaître le nom de  la famille d’où il descendait, nous ignorons à ce jour quels étaient les  parents du père Antonin, nous savons qu’il naquit en cette paroisse par sa signature

« Père Antonin d’Erny St-Julien »

Père François Gourdin

Hermite d’Erny -St-Julien, de Bomy.

En quel endroit était –il né ?  personne ne le sait.  Cependant, on peut croire avec raison et avec une grande certitude d’être dans la vérité qu’il était d’Erny Saint Julien.

Plusieurs fois en effet on trouve la signature des Gourdin dans les registres de la paroisse. Melle Gourdin qui était probablement sa sœur, jouissait ici d’une assez grande considération. On trouve un testament de Melle Colette Gourdin : Donation faite en l’église moyennant d’échanger de plusieurs obits devant être chantés à leurs intentions. En outre il fut enterré dans l’église de ce village en présence de Messire Bernard Julien Bocquet ancêtre des Cape de Baillon et Jean Pruvost était-il parent avec ce dernier. Qui pourrait le savoir ?

Il mourut à un âge très avancé, victime d’un accident ; les eaux après un fort dégel de janvier envahirent son Hermitage près de la rue de l’eau des Cannes, où il séjournait récemment ou bien le pieux vieillard en passant sur la planchette de la rivière Saint Frévisse, chancela-t-il et tomba-t-il dans le courant, qui encore le dira car notre Hermite n’eut jamais pour témoin de ces actes que Dieu seul. Toujours est-il qu’on le retrouva noyer.

Il était âgé de 88 ans et plus, on ne le vit jamais dans le corps du village et il pouvait se demander comme le célèbre solitaire y a t il encore des hommes sur la terre ? La paroisse, les maisons existaient-elles encore ? Pauvre Hermite que Dieu ait son âme. Puissent sa vie pénitente ses prières ferventes lui avoir méritées le royaume des cieux. Pauvre Hermite encore n’est-il pas l’auteur de toutes ces apparitions nocturnes dont la tradition nous a léguée le sombre récit. L’eau des Cannes ! Ciel ! Qu’entends je ? Ho quand règnent les ténèbres n’allez point ne dirigez pas vos pas vers l’eau des Cannes.

Soudain, se fait entendre un bruit de chaînes. J’ai vu de mes propres yeux « La légende ». J’ai vu le revenant relevant sa longue robe noire, il accourrait ici pieds nus, ses cheveux étaient épars et la pâleur de son visage le rendait horrible à voir.

Dieu nous garde du moine noir que l’on voit marmottant sa prière, roder autour de ce manoir. Lorsqu’il sa promène à grands pas couvert de son vêtement sombre, si vous laissez passer son ombre, elle ne vous parlera pas. « Echo de l’eau des Cannes ».

Sœur Julienne

En l’an 1727 naquit à Erny Saint Julien une fille qui devait un jour se consacrait à Dieu, dans un couvent. Sœur Julienne était une bonne et pieuse religieuse de l’Hospice Saint-Jean à Saint-Omer. La révolution l’ayant forcée à quitter sa chère retraite, elle revint vivre ici au sein de sa famille où elle mourut d’une mort édifiante et chrétienne, à l’âge de 76 ans. Elle fut inhumée dans le cimetière de cette paroisse en présence de Pierre Joseph et Jean-François Pruvost, ses neveux.

C’est la seule religieuse dont les registres aient conservé le nom, nul doute cependant que Sœur Julienne n’ait eu un grand nombre de consoeurs dans une paroisse si chrétienne en ce temps dont nous retraçons l’histoire. Puisse-t-elle avoir des imitatrices encore ! Quand on voit tant des prêtres, de religieux tous enfants d’Erny Saint Julien on se demande avec tristesse : Pourquoi donc n’y a-t-il  plus ni vocation pour l’état ecclésiastique, ni vocation pour l’état religieux ? Dieu seul le sait.

Ô prêtres, ô religieux, ô religieuses nés en cette paroisse, Priez le Tout Puissant de vous donner ici des imitateurs.

Piété Religion, moralité, des habitants d’Erny Saint Julien.

Après avoir fait l’éloge des prêtres et religieux d’Erny Saint Julien, ne convient-il pas d’ajouter quelques mots à louang de tous les habitants de cette paroisse en ces siècles passés. Au milieu de leurs occupations matérielles, nos ancêtres se montraient fidèles observateurs des lois de Dieu et de l’église. Un homme qui eut travaillé alors le dimanche, eut été l’objet des regards et du mépris de tous.

Que dire de leur moralité. C’est à peine si dans l’espace de plusieurs siècles on trouve quelques traces de dérèglement contre les mœurs. On ne peut plaire à Dieu sans la foi, nos ancêtres devaient être bien agréables à Dieu car grande était leur foi. Citons quelques preuves de leurs sentiments religieux recueillis dans divers testaments :

Au nom du Seigneur Amen.

-« Considérons, s’écrie Jacques Cordonnier laboureur, en son lit malade, qu’il n’y a rien au monde de plus certain que la mort et rien de plus incertain que l’heure de la mort, ai fait mon testament et ai ordonné de dernière volonté en la forme et manière qui s’ensuit. Je recommande mon âme à Dieu quand elle sortira de ce monde, à la Sainte Vierge Marie à Saint Jacques mon patron. Je laisse mon corps à la terre. Pour être inhumé dans le cimetière du dit Erny Saint Julien auprès de mes parents.

Ecouter maintenant Jean Deligny « ne voulant point décéder, sans avoir préalablement disposé du Salut et remède de mon âme et des biens qu’il a plu à Dieu de me prêter. Je recommande mon âme à Dieu quand elle sortira de mon corps etc etc…

Peut on trouver de plus belles dispositions dans un mourant !

Et dire que tous finissaient ainsi et que pas un seul ne quittait la Terre sans recommander aux vivants de prier Dieu pour lui, après sa mort.

Dans cette multitude de fondations pieuses si considérable à Erny Saint Julien  quelques lignes maintenant à la mémoire de Jean-Baptiste Merlier.

C’était un homme juste et craignant Dieu. Berger de profession, pendant que son troupeau broutait le serpolet et l’herbe tendre, Jean-Baptiste nourrissait son âme de la prière et de pieuses lectures. Avant d’en dire davantage, ajoutons que Jean-Baptiste était né à Erny Saint Julien, le 17 septembre 1734. Il était fils de Jean- Jacques Merlier et de Marie-Joseph Legay. Il portait le nom de son parrain nommé Jean-Baptiste Pauchet, sa marraine était Marie Marguerite Cordonnier. En premières noces, il avait épouse Margueritte Pauchet et en secondes noces Marie-Anne Vasseur. Plein d’horreur pour le blasphème il recommandait souvent à ses enfants de dire Salré dans leurs mouvements d’impatience afin de ne jamais enfreindre le grand commandement : « Dieu envain tu ne jureras…ni autre chose pareillement »

Un jour, dit-on, un de ses enfants s’était servi comme déguisement de la veste paternelle mais le dévot berger « malheureux fils » lui dit il « qu’as-tu fait ? Comment oses tu pour te déguiser et te ridiculiser te servir de l’habit que je revêts pour recevoir Dieu ».

On sait que dans le cours de sa vie, Jean-Baptiste fut attaqué d’une terrible maladie (la gravelle) qui lui fit endurer de longues et cruelles souffrances, bien que résigné, « que la volonté du Seigneur soit faite », répétait souvent le martyr. Cependant, la douleur faisait pousser quelquefois de fortes plaintes  au malade, plaintes et cris déchirants qui entendus de très loin, mettaient ces paroles sur les lèvres de tous :

« Que Dieu ait pitié de Jean Baptiste Merlier !

Je passe sous silence sa fin qui fut édifiante, et qui arriva le 27 septembre de  1810. Je laisse écouler trois ans et un mois.

C’était vers la fin de l’année 1813 (ce fait remarquable que j’aborde, comme tous les détails donnés plus haut, je les tiens de témoins et de plusieurs personnes du pays). Au mois d’octobre le fossoyeur Thumerel creusait une fosse pour y inhumer le corps de Catherine Elizabeth Pauchet, jeune fille de la paroisse morte de la petite vérole, tout à coup se produit un écroulement de terrain, ô prodige ! les pieds, la jambe d’un défunt parfaitement conservés dont la chair est encore fraîche et vermeille. A cette vue le fossoyeur prend la fuite, arrivé à sa maison « j’ai vu » dit-il encore tout épouvanté « j’ai vu les pieds de Jean-Baptiste Merlier, ils sont là bien conservés ». Appelé auprès de cette tombe miraculeuse le curé s’écrie « recouvrez, recouvrez, le temps n’est point venu ». Là, dit le fossoyeur à sa fille, lui qui connaissait très bien et le cimetière et les tombes, tu avais quinze ans mon enfant quand tu fus témoin de ce fait merveilleux, plus tard, si Dieu te prête vie, tu verras sur cette tombe bien d’autres prodiges. Et depuis ce temps là, on dit à Erny Saint Julien : le berger Jean-Baptiste Merlier est un bien heureux. Pour nous sans vouloir scruter les mystères de cette tombe attendons l’avenir.

Joseph Claire ou Cordonnier ou Cousin Joseph.

-          Solitaire-

C’était un homme d’une grande dévotion. Bien que possesseur de certains biens, Joseph vivait néanmoins dans une grande pauvreté et une mortification plus grande encore. Quelques pénitences en effet et quelles austérités s’imposa Joseph Claire.

Il habitait une hutte construite dans le croi dit Fosselet.

L’intérieur de sa cabane présentait l’image de la plus profonde indigence, ses murs étaient les rives marneuses de la colline. Quand venaient de fortes pluies et un grand dégel, ces murailles naturelles croulaient et Cousin Joseph était souvent obligé de passer des journées entières à déblayer son triste réduit.

Sur un amas de blocs de pierres blanches étaient étendues quelques bottes de paille, c’était le lit solitaire. Dans un coin on percevait un monceau de pommes de terre qui composaient la nourriture quotidienne de l’hermite. Aux jours de fête le meunier son voisin lui vendait quelques livres de farines. Quel ragoût préparait-il avec cet achat ? Par Dieu bon appétit Cousin Joseph.

Jamais on entendit une parole de médisance ni de calomnie sortir de sa bouche. Aussi était-il excessivement aimé et chéri de tous. Quand il paraissait dans le village, de toutes parts on entendait : « Bonjour, bonjour Cousin Joseph. » surnom que lui avait fait donner l’affection que tous lui portaient.

On se faisait un honneur de le recevoir et on ne le quittait jamais sans être fort édifié de son discours pleins de piété. On le trouva mort dans sa cabane. On dit qu’un jour on vit une magnifique fleur étrangère dans le pays fleurir sur sa tombe et quand on découvrit les dépouilles mortelles de Jean-Baptiste Merlier si bien conservées, tout le monde disait si ce n’était point le corps de Jean-Baptiste, ce serait celui de Joseph Claire, de Cousin Joseph.


Célébrités d’Erny Saint Julien dans les carrières libérales, chargés,

-          et emplois civils -

Sans parler de ce nombre immense d’enfants d’Erny Saint Julien qui devenus soldats se sont distingués dans les camps par leur régularité et l’amour de la discipline et qui ensuite sur les champs de bataille ont fait preuve du plus grand courage, de la plus héroïque bravoure, nommons Messire Ernest Florent de Ghistelle vicomte d’Erny Saint Julien. Il se couvrit de Gloire à la bataille de Malplaquet où les français bien que battus tuèrent 24 mille hommes aux Espagnols et aux Anglais tandis qu’ils ne perdirent que 6000 soldats. Quelques années après, il reparaît dans les combats de Denain, de Landrecies où il eut sa grande part de gloire dans les victoires remportées sur le prince Eugène et sur l’habile Marlborough ce rusé Général Anglais.

Messire Charles Louis Cappe Chevalier de l’ordre royal de Saint Louis – plus tard commissaire ordonnateur des guerres assista à cette bataille de Malplaquet, il eut la jambe coupée et fut décoré de la médaille militaire de Saint Louis. Il faisait parti de la branche cadette des Cappe de Baillon dite d’Ile de France.

Messire Ernest Florent de Ghistelle était capitaine au régiment de Biron.

Médecins

Ne méprisez pas la médecine était écris dans nos livres Saints ayant recours à elle, dans nos maladies car Dieu a placé dans les plantes, le remède à tous vos maux.

Erny Saint Julien eut ses médecins qui ont acquis dans l’art médical une certaine réputation, citons :

Messire Moyse Joseph Huchette, chirurgien d’abord époux de Dame Marie Madeleine Cécile Pauchet, il épousa en seconde noce Marie Marguerite Dacquin. De cette dernière il eut un fils nommé Moyse Joseph Huchette chirurgien aussi distingué que son père, mais pourquoi faire leur éloge quand le souvenir des services qu’ils ont rendus parle encore d’éloges dans le pays.

Mr Dufour

Descendant d’une famille assez ancienne à Erny Saint Julien. Il parait plusieurs fois ici. Il était chirurgien gradé de la ville d’Aire. Il y a encore en cette paroisse un manoir portant son nom.

Mr François Baurain : ancien élève du célèbre Worlencourt médecin de Cauchy d’Ecques, puis aide major dans les hôpitaux d’Audruicq et de Lille, Mr Baurain était appelé à cause du talent qu’il avait reçu de la nature, à jouer un grand rôle dans l’art médical si ses études en médecine eussent été complètes.

Le Bailly d’Erny Saint Julien

Le Bailly fut le premier chef d’une commune, furent honorés de cette charge : Wallart De Remetz, Bocquet De Remetz, Scribe Deligny, Ducroquet, Dubuis, Pruvost.

Greffier comptable

Il fallait pour cette charge une grande capacité jointe à une probité plus grande encore. Furent greffier : Marquis de Ghistelle, Vicomte de Ghistelle, Capitaine de Ghistelle, Wallart, Borbion, Griggon, Lhori, Duwez, Deretmets. C’est le dernier le plus capable.

-          Lieutenants –

Legrand – Deligny – Cordonnier.

-          Sergents –

Fiolet – Cordonnier – Cornois – Forestier – Chapelain – Jean-François Cornois.

-          Fiefs, hommes de Fiefs d’Erny Saint Julien –

Le sieur Ducroquet Bernard Julien – Le sieur Lavin.

-          Seigneurie –

Seigneurie d’Erny Saint Julien, Marquisot Comté, Vicomte, Fief, Baillage 1590 – 1790.

Les rangs ont été créés par Dieu qui les jugea nécessaire à la conservation de la société et au maintien de l’ordre aussi le grand apôtre nous recommande-t-il souvent de respecter ceux qui sont au dessus de nous. La noblesse française se compose de ducs, barons, comtes, marquis. Erny Saint Julien eut aussi ses seigneuries. Les premiers sortaient de la noble et illustre famille de Wissocq.

Les registres n’ont conservé (ces registres remontent à l’année 1590) que le nom d’un seul de ces seigneurs. Messire Guilbert de Wissocq qui mourut à Erny Saint Julien en 1600 et quelques années et dont les corps fut transporté et inhumé dans l’église cathédrale de Saint Lambert de Liège (Belgique).

La famille de Créqui dont deux des membres furent des Maréchaux de France, Charles sous Louis XIII, François sous Lous XIV eut la seigneurie d’Erny Saint Julien pendant de longues années.

En 1700 on trouve encore ici Liévin Joseph Louis et Marie Antoinette De Créqui, leurs armoiries étaient gravées sur plusieurs pierres de l’ancienne église (peu fortunes).

Il était marquis de Warmin. Home religieux et charitable, il fut une fondation importante en faveur de l’église et des pauvres.

L’illustre famille de Crazégnier, une personne âgée de la localité dit avoir souvent entendu raconter par les ancêtres que Messire Albert Charles Emmanuel Joseph de Crazégnier avait habité assez longtemps le village d’Erny Saint Julien. Il apparaît ici au baptême d’Emmanuel Guillaume Duwez Deremetz parent à la comtesse Duwez de Lugy.

Il signe Albert Ch : De Crazégnier Vicomte d’Avimmydem.

Messire Philippe Alexandre De Ghistelle, chevalier marquis d’Erny Saint Julien de Saint Floris.

Date de dernière mise à jour : 14/02/2012

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