E-2Clin d'oeil du passé( d'après l'abbé Deroux)

Ce manuscrit appartient à Godfroy Cappe de Baillon membre de la commission des monuments historiques du Pas de Calais, demeurant  à Arras

Souvenir amical de Monseigneur Deroux auteur de ces recherches ancien curé d’Erny- St –Julien.

Un coup d’œil sur le passé à Erny- St –Julien

Dans un des endroits les plus profonds de la vallée de la Laquette, à cinq heures  de saint Omer, à trois petites d’Aire, à une bonne heure de l’ancienne ville de Thérouanne, se trouve le village d ’Erny -saint -Julien. Les collines boisées qui l’entourent, de nombreux bouquets d’arbres le cache aux yeux du voyageur qui n’aperçoit que la localité que même il est arrivé.

L’existence de ce village remonte à la plus haute antiquité, il fut visité par Jules César, en 51 avant J-c, des pièces de monnaie trouvées dans des fouilles faites sur l’emplacement de l’ancienne église accusent le séjour  qu’y firent les vainqueurs de la Morinie

De plus, différentes trouvailles, pannes romaines et plusieurs d’objets d’architecture font penser avec raison que les romains établirent ici une métairie et un entrepôt de commerces. Les familles habitant ce village au 13ième siècle ont été presque complètement renouvelées et c’est à peine si l’on trouve aujourd’hui quatre ou cinq familles de ce temps dont le nom ne soit pas perdu ici et tombé dans la nuit des temps. Le sol d’Erny St Julien à cause de nombreux accidents de terrain et de plusieurs endroits pierreux est de difficile culture. Cependant ses bonnes et abondantes récoltes dédommagent amplement chaque année le cultivateur de ses peines et de ses travaux.

( très anciennes familles existantes encore L’hoir, Labitte, Cordonnier, deligny, Dubois, Obin, Forestier, Pauchet)

Ajoutons que la population d’ Erny  St Julien fort laborieuse donne à ses champs des soins nombreux et intelligents. Erny St Julien est riche aussi en bosquets et, il peut en outre se vanter de posséder les meilleures prairies des environs, et chaque année, serpentées d’herbes qu’arrosent les eaux limpides de la jolie petite rivière nommée la Sainte Frévisse, attirent un grand nombre d’étrangers dans le pays. C’est dans ces prés que l’on voit, après la récolte des foins la vache du pauvre brouter l’herbe avec celle du riche, et devenir une ressource précieuse pour le ménage peu aisé.

En la belle saison, quand l’été a tapissé ses collines d’un verdoyant gazon, quand mille et mille humbles violettes se sont épanouies, sur des agréables rives sous les rayons d’un bienfaisant soleil.

Erny St Julien alors est vraiment un petit paradis terrestre, alors tout parfum de fleurs luxuriantes, verdure gargouillant des cascades, chant des oiseaux, tout charme la vue, réjouit l’âme et recrée agréablement tous les sens. On dit que le bon dieu, s’il descendait sur terre irait habiter Béziers dans l ’Hérault et bien moi, je prétends qu’il séjournerait à Erny St Julien, dans le Pas de Calais.

Premiers apôtres d ’Erny St Julien.

L’évangile fut prêché aux populations païennes de la Morinie et conséquemment aux habitants de ce pays placé aux portes de la capitale des Morins à partir du premier siècle de l’ère chrétienne ; On pense que JR d’AMATHIE qui donna son sépulcre neuf pour y ensevelir le corps du sauveur, prêcha la foi de Jésus Christ dans nos contrées comme l’auraient fait aussi St Pierre et St Paul.

Au troisième siècle, le vicaire de Jésus Christ envoya deux ardeurs propagateurs de la foi St Fuscien et St Victoric. A la prière de ces deux apôtres issus des plus nobles familles de Rome et l’auteur de leurs actes les aveugles recouvraient la vue, les sourds l’ouie les muets la parole. Ils furent martyrisés dans une localité très éloignée de notre pays par l’orèze de Rictuis Vorus,on leur enfonça des chevilles de fer dans les narines et les oreilles, on leur perça la tête avec des clous rougis au feu, on leur arracha les yeux. Pendant ces tortures horribles, ils chantaient les louanges du Seigneur. Notre pays eut aussi les précises du zèle apostolique de St Martin qui remplit l ’Europe du bruit de ses prodiges, on croit qu’il fut baptisé à Thérouanne. Au septième siècle, vinrent dans ces parages St Luglien et St Lugle qui évangélisent les peuples en chantant les louanges du Seigneur à Thérouanne, ils éteignirent par un signe de croix un incendie qui menace de dévorer une partie de la cité. Nommons encore St Silvin qui doué d’une beauté évangélique, gagna au Seigneur une multitude de peuples dans diverses contrées de la Morinie ; mais St Omer évêque de Thérouanne dont l’épiscopat fut très fructueux  dans le pays. Le bien qu’ils firent dans nos contées ces missionnaires sous le rapport religieux, moral matériel est immense ; Culture des terres, défrichements des bois, dessèchement des marais, tout change de face. On peut en avoir une idée en lisant la pièce, l’écrit vivant qui montre bien l’état misérable du pays avant l’arrivée de ces apôtres du Christ. Les Morins et les habitants d’ Erny sont placés à la dernière limite de l’univers dans ce pays que l’océan plein de furie bat de ses flots menaçants. Ces peuples sont assis dans des cavernes obscures et sur des plages sablonneuses dans des forêts désertes, séjour de farouches habitants.

Si maintenant nous sommes dans un état de prospérité de civilisation et de progrès admirables, nous le devons à ces premiers apôtres de Jésus Christ, aux lumières de la religion chrétienne à l’église catholique apostolique romaine.

Fléaux maladies

Certes à Erny St Julien, dans le cours du dixième siècle, un fléau terrible envahit Erny St Julien, et toute la contrée. La peste s’éloigne mais c’est pour faire face à des tremblements de terre, à des chaleurs insupportables à des sécheresses désolantes qui ne connaît dans ces fléaux la main de Dieu qui punit les populations, oubliant sa loi sainte.

Le onzième siècle commence par de violentes secousses du globe à se désastre succède une mortalité si grande que les vivants ne suffisent pas pour enterrer les morts. En 1042, la mer en fureur rompt ses digues, elle se répand dans nos campagnes emportant les hommes et les bestiaux. En 1081, un affreux tremblement de terre, précédé de bruits souterrains désole notre pays. En 1094, des pluies de dix mois entiers sont les avant coureurs d’une cruelle peste à Erny St Julien et autres lieux. Au douzième siècle, un mal ardant réduit les corps en charbon noir. Des nouveaux tremblements de terre causent des dégâts à St Omer et jettent l’épouvante à Erny St Julien.

En 1143, des vents impétueux renversent les tours les maisons les églises, déracinent les arbres, bouleversent des forêts entières. La même année, des tempêtes de grêles plus grosses que des œufs de poules tuent les oiseaux, blessent les nombreux troupeaux d ’Erny St Julien.

Les roulements de tonnerre en 1298 furent si terribles et les éclairs si effrayants que tout le monde craignaient de périr. L’année 1221 vit éclater une maladie cruelle, la lèpre qui couvrait tout le corps d’une plaie noire. Des hospitaux  s’élevèrent de toutes parts pour recevoir les malades et les séparer des personnes bien portantes. Ery St Julien eut son hospital en un lieu relégué loin des habitations. En 1246 : 1290, il y eut encore des tremblements de terre. En 1316 et 1319, des inondations détruisirent les semailles et emmenèrent une cruelle famine. On se nourrissait de glands et de racines. Les mendiants périssaient de faim dans les rues.

En 1351, une longue sécheresse accompagnée de vents impétueux occasionne une grande cherté dans les denrées alimentaires. Durant 1362, d’épouvantables tempêtes renversent les arbres, les maisons les églises.

De 1514 à 1524, une peste sévit pendant dix ans. En une année, elle enleva 12 000 personnes dans une ville voisine.

Des orages des ouragans et des tempêtes comme de mémoire d’hommes on en avait vu de pareil, viennent en 1532 submerger les récoltes, renverser les arbres. Les maisons tuent les hommes et les bestiaux. Puis vient une disette puis une peste au 17ième siècle, une tempête affreuse cause de grands dégâts ensuite une famine en 1635 une peste enlève 15 000 personnes dans la contrée.

En 1740, les récoltes manquaient totalement à cause d’interminables pluies. En cette année, le froid est si vif que le Rhin gèle. En 1780, l’hiver encore très rigoureux ouragan terrible avant la révolution. Tels sont les fléaux à l’aide desquels la justice divine châtie nos régions trop souvent coupables.

Guerres

Evènements importants

En 1200, les flamants brûlent Thérouanne et sa cathédrale, détruisent par le feu Erny St Julien et 79 autres villages, et changent la contrée en une morne solitude.

En 1513, les Français sont vaincus dans les plaines d’Enguinegatte  à la bataille des éperons. Bayard le célèbre chevalier sans peur et sans reproche est fait prisonnier par les Anglais et les Allemands. Thérouanne est réduit en cendre. Erny St Julien et les campagnes voisines sont dévastées et deviennent la proie des flammes en 1553. Thérouanne est reconstruite depuis une soixantaine d’années par François Ier en 1553. Charles-quint la reprend au Roi de France hommes femmes enfants tous tombent sous le feu meurtrier des vainqueurs au milieu d’un épouvantable vacarme. On entend que les gémissements douloureux des mourants et les cris de rage du vainqueur. Thérouanne avec ses églises, ses monastères, ses hospitaux, sa population de 40 000 habitants la cathédrale Ste Marie une des plus anciennes et des plus remarquables basiliques du Pays- bas, tout fut détruit. Les ennemis y laissèrent une pierre où on lisait cette inscription : les Morins détruits.

Que devient Erny St Julien au milieu de ce désastre ? Il eut à supporter des vexations   de toutes sortes de la part des troupes ennemies 1640. Les Français veulent reprendre tout le pays qu’ils ont perdu dans ces dernières guerres. Louis XIII fait assiéger Aire. Il tente deux assauts mais chaque fois il est forcé de reculer avec de grandes pertes.  ( il y a ici et en bas de la page erreur de date car Aire et St Omer ont été définitivement rattachés à la France en 1678 par le traité de nimigue,  l’ Artois l’ayant été en 1659 par le traité des Pyrénées. )

Les Français ne se découragent point, ils font pleuvoir sur les ennemis une grêle de traits, ils les foudroient avec leurs pierriers, des rangs entiers sont emportés : Aire est enfin au pouvoir des Français. Mais pendant que les habitants d’Erny St Julien combattent à Aire, que deviennent leurs familles, elles sont plongées dans une affreuse détresse.

En 1678, la Suisse l’Autriche et l’Angleterre se liguent contre la France, Aire est une fois encore assiégée, les maisons de la ville s’écroulent sous les coups des boulets ennemis ; c’est un lugubre spectacle. Aire se rend. Les soldats ennemis, s’écrie un curé d’ Erny St Julien, surprennent le village après la prise d’ Aire et de Béthune, ils enlèvent les bestiaux, pillent les provisions, des habitants brûlent des registres. En 1713, notre pays est, par les victoires de Louis XIV, rendu à la France et Erny St Julien rentre pour toujours sous la domination du Roi de ce royaume. Alors les habitants d’ Erny St Julien, pour se dédommager de l’humiliation des défaites précédentes, chantent pour se railler des Espagnols et des Anglais.

« Mal borough s’en va en guerre »

Malbrouck s’en va-t-en guerre
Mironton, mironton, mirontaine
Malbrouck s’en va-t-en guerre
Ne sait quand reviendra (Bis)

Il reviendra à Pâques
Mironton, mironton, mirontaine
Il reviendra à Pâques
Ou à la trinité (Bis)

Les curés desservants d’Erny St Julien

1590 à 1790

Erny St Julien doué des plus beaux dons de la nature, devant aussi recevoir les faveurs les plus précieuses de l’église qui le gratifia toujours de pasteurs pieux et zélés. Les prêtres sont envoyés par Dieu pour le salut ou la ruine du peuple et de tout temps, leur conduite et leur vie ont eu un grand ascendant pour le bien ou pour le mal sur les populations au sein desquelles ils ont vécu. De la ce diction rarement démenti par l’expérience : Tel prêtre telle paroisse. O prêtres curés d’ Erny St Julien, quelles reconnaissances nous vous devons, non pas pour avoir vos vertus et bons exemples, j’étais dans le cœur de vos ancêtres, le germe de l’amour de Dieu et de religion et du bien. Que le ciel soit votre digne récompense ?

1590

Les registres comme on le sait n’existent que depuis François Ier. En l’année 1520, les premiers registres d ’Erny St Julien n’existent plus. Monseigneur Angelbert griffon prêtre, nous donne la raison de cette disparition : les soldats ennemis dit ‘il, après le siège de Béthune, ont surpris les pays et ont brûlé les registres. Cependant, plusieurs écrits très anciens nous ont conservé le nom de plusieurs curés d’ Erny St Julien en ces temps si éloignés de nous.  Mais leurs signatures étaient inscrites en caractères inconnus et dilacérés sont tout à fait illisibles : en voici un spécimen

Devinez Crisol Feicoy Luc

Après ces prêtres dont on ne peut lire les noms vient :

-Mr Debomy. Il était curé d’ Erny St %Julien quand Messire Gilbert De Vissocq, propriétaire du château d ’Erny

-Mr Vincent Mayol. C’est le curé qui donna à l’église moyennant une décharge de plusieurs obits célébrés en son intention, la pâture dite le jardin des Châtelains.

-Mr Hoel  François. L’époque de son arrivée nous est inconnue. On possède encore plusieurs actes et écrits signés de sa main. Il dirigea la paroisse jusqu’en l’année 1660.

-Mr Charles Depoix fut son successeur cinq ans après, il cédé sa place à Mr Dumont.

-Mr Dumont était un prêtre plein de dévotion pour les aînés du purgatoire. On sait que c’est lui qui n’oublier jamais d’écrire à la fin des actes de décès qu’il rédigeait : «  untel est mort, que son âme repose en paix »

-Mr Phillipe Barbault. Sept ans plus tard, Mr Barbault prenait possessions du poste d’ Erny homme d’une grande simplicité aux mœurs patrimoniales. Il vécut comme un père au milieu de ses paroissiens pendant treize ans. Il quitta la paroisse en y laissant Louise sa sœur qui avait épousé Louis Pauchet.

-Mr Engelbert Griffon vint ensuite, natif de Wavrans. C’est un des prêtres des plus savants que l’on a vu à Erny St Julien. Dévoré de zèle pour la maison de Dieu et le salut des âmes, il fit restaurer l’église, réparer les murs, relever les piliers construire une arcade sur le cimetière du coté du soleil levant dont, il n’y a pas longtemps, on apercevait quelques vestiges, rétablit les Glends ou remises placées sur le cimetière destinées à recevoir les récoltes ou vendanges des terres de l’église, ou bien abriter les montures des pèlerins qui venaient ici en grand nombre et de très loin, quelque fois vénérer le grand St Julien glorieux, patron de la paroisse comme on le croit.

-Mr Griffon est le Ier qui ait eu un vicaire dont il avait besoin pour décharger les fondations pieuses qu’on voit se multiplier de jours en jours. Mr Phillipe Griffon, son frère était greffier comptabilité des rentes et revenus de l’église. MrGriffon curé mourut et fut enterré à Erny St Julien en présence rapportée par Mr le Doyen de Bomy d’une grande partie des prêtres du décanat, d’un grand nombre d’habitants de la paroisse qu’il avait dirigé avec identification pendant 42 ans, il était âgé de 71 ans.

Le père Antonin

Mr Griffon n’eut point de successeur durant plusieurs mois, le père Antonin récollet, sorte de religieux réformé de l’ordre de St François et établis en France en 1592 par Louis de Gonzague qui dirige la paroisse. Il habitait la célèbre abbaye de Renty dont les moines versés en toutes sortes de sciences, copiaient et révisaient les manuscrits et chefs d’œuvre des Anciens.

Après le père Anthonin qui fut quelque temps terminaire d’ Erny St Julien ( lire intérimaire) vient Mr Pierre François Crespin qui devenu curé d ’Erny St Julien, continua la restauration de l’église commencée par Mr Griffon. Il fit couvrir l’église en tuiles, embellir le clocher, régler la sonnerie des deux cloches par un maréchal très habile nommé Desmarets d’ Erny. Mais une infection pulmonaire qui déjoue toutes les ressources de l’Art minait sa santé. D’abord il fit violence à la maladie pour continuer ses nombreux travaux dans l’intérêts et le salut des âmes et de l’avenir de sa paroisse. Mais enfin, il fallut céder aux progrès du mal !

Mr Crespin le fit avec une sainte résignation, ses paroissiens pleurèrent sa mort prématurée, il était âgé de trente ans. Mr le doyen Deligny fit aux funérailles un éloge des plus touchantes des vertus du défunt qui arracha des larmes à tout les assistants. Il resta cinq ans en cette paroisse.

Mr Jean François Bruchetz

Il était né à Aire sur la Lys, à peine arrivé à son poste, il poursuivit les travaux de la restauration de l’église avec la plus grande activité. Il la fit parer, orner d’une statue de St Julien qu’il plaça juste sur un autel élevé en l’honneur du St Martyr.

Sous la direction, la religion fleurit à Erny St Julien, il y a progressivement vers le bien de toutes parts se manifestent les plus beaux sentiments religieux. On vit en chrétien fervent, on meurt en saint, des donations importantes sont faites à l’église. Mr Bruchetz était d’un doux, simple et bienveillant, et pendant quarante huit ans qu’il exerça le St Ministère de ses paroissiens, au milieu desquels il eut été heureux de mourir, ses infirmités le forcèrent vers la fin de sa vie à se retirer à Aire en sa ville natale, où il mourut dans l’exercice des vertus sacerdotales. On sait que Mr Bruchetz était arrivé à Erny St Julien pendant une famine dont souffrait la France entière.

-Mr Claude François Brunel était né à Cuhem, annexe de Fléchin, il ne fit que passer ici, nommé doyen d ’Erny St Julien après la mort de Dame M. Desthru sa mère, il quitta la paroisse où il reposait quelques années après pour visiter l’église en sa qualité de doyen de Fléchin. Il était archidiacre.

Mr Jérôme André Joseph Nicolle 1790

Nous arrivons à Mr Nicolle. Il ne voulut point des amertumes de l’exil que lui offrait la Révolution, il resta à son poste pour déshonorer son ministère par toutes sortes de concessions coupables faites aux défenseurs. Des principes vénéneux de 93. Tour à tour prête, tour à tour officier public d’Erny St Julien.

Mr Nicolle au revoir, salut à vous, noms sacrés de mes prédécesseurs, reposez en paix.

Les vicaires d’Erny St Julien.

1695 à 1790

-                Mr Ghislain de Lannoy

Fut le premier vicaire d’Erny St Julien connu, c’était un prêtre à mœurs patriarches plein de foi et d’attachement à ses fonctions de vicaire qu’il conserva jusqu’à sa mort. Il avait gagné la confiance de tous les habitants et faisait un grand bien, et par sa piété et par sa fortune ; il était bénéficiaire de l’église de Fléchinelle dont il percevait tous les revenus. Aussi secouru t-il généreusement les indigents pendant la disette de l’année 1740. Voici ce que nous apprend Mr Crespin sur cette famille «  les blés ont manqué partout en raison de la grande gelée qui a commencé le 6 janvier et qui a duré jusqu’au mois de mai, le vent ayant toujours été au nord.

Mr Delannoy mourut au milieu de ceux auxquels il avait consacré 35 ans de sa vie. Il était âgé de 88 ans un mot à la mémoire d ’Anne Piquet, sa servante qui vécut plus d’un siècle en conservant jusqu’à son dernier jour le complet usage de ses sens. Anne avait beaucoup vu, Anne pouvait avoir beaucoup retenu.

Mr Jean Vasseur ne s’attacha guère à ses fonctions de vicaire d Erny St Julien, il resta à peine 3 ans dans la paroisse.

Mr Aimable Lejosne le remplace, son séjour à Erny St Julien y fut plus long que celui de son prédécesseur il fut vicaire ici 5 ans.

Mr Hamicot était natif d’ Aire sur la Lys, il avait été demandé par Mr Bruchetz curé né dans cette même ville, et réclamé entre autre part les Sieurs Jacques et Antoine Pochet, les oncles qui occupaient à Erny St Julien un rang assez élevé. Il était lui, fils de dame Marie Pochet né dans cette paroisse. Le jeune prêtre avait reçu au sein de sa famille une éducation chrétienne qui mit dans son cœur de vifs sentiments de foi qu’il conserva toute sa vie. Sa pitié, sa douceur, lui méritèrent bien vite l’affection de tous. Il resta à 17 ans vicaire d’ Erny St Julien qu’il ne quitta que pour devenir curé d’une paroisse voisine celle de Fléchin.

Mr François son successeur n’avait aucun lien de parenté qui le retenait en cette paroisse où il ne reste que deux ans.

Mr l’Abbé Labre

était un frère ou un cousin de Benoît Jean Baptiste Labre qui étonnait en ce moment l’ Europe et tout l’univers catholique non seulement par le genre de vie qu’il a mené mais encore par le grand nombre de ses prodiges et merveilles que le seigneur accorda à sa puissante prière. Le père du bien heureux Benoît Jean Baptiste Labre avait deux oncles résidants Erny St Julien. Jean François Derisbourg marié avec Marie Françoise Milliot natif d’ Amettes et Elie Milliot son frère apparaissant ici en 1712 comme époux de Marie Jeanne Cappe, quelques années plus tard, cette dernière a eut un enfant nommé Philippe dont le parrain est un Milliot et la marraine une Danel tous deux de la paroisse d’ Amettes. En 1746, mourut à Erny St Julien Marie Jeanne Derisbourg Milliot à l’age de 20 ans. Elle fut inhumée comme nous l’apprend l’acte de décès en présente du Sieur Derisbourg son père et de Jean Benoît Labre son cousin, résidant à Amette or on dit que Jean Benoît Labre d’ Amettes est le père de Benoît Labre qui vint au monde deux ans après 1748. Le nom de Anne Borde Grandsire apparaît aussi dans les registres d’Erny St Julien c’était la mère du bienheureux oh !Bienheureux Benoît qui venu sans doute visiter notre pays. Daignez intercéder auprès de Dieu pour tous les habitants d’ Erny St Julien religieux religieuses ermites nés à Erny St Julien ou dont les parents avaient leur résidence en cette paroisse.

La maison natale de Benoît Labre (ci dessus)

Saint Benoît Labre est né à Amettes en 1748, est mort à Rome 35 ans plus tard. Ne pouvant devenir religieux, l'homme se fait pèlerin mendiant, et marche, marche sans repos à travers l'Europe. La route est devenue pour lui une sorte de cloître, et la marche rythmée par la prière, sa règle de vie. Car Benoît prie beaucoup, il délaisse les grandes routes, préférant les chemins de traverse plus favorable à la solitude et à la contemplation

 

 

1590 à 1790

L’église avait gratifié Erny Saint Julien de pasteurs dignes de leur sublime vocation, en retour Erny Saint Julien donnera à l’église de zélés ministres de Dieu qui tous travailleront noblement à la vigne du Seigneur. Les uns resteront dans le monde, édifieront le peuple par une vie sainte, quelques uns s’enfermeront dans les monastères afin de lever leurs mains suppléantes vers le ciel dans le calme de la retraite pour obtenir du Tout Puissant le pardon des crimes de la terre.

Ceux-ci marcheront sur les traces de Paul et de Jérôme ; ils vivront loin des hommes dans les solitudes et les bois n’ayant pour nourriture que des racines, pour compagnons les animaux, les oiseaux, la nature.

Ceux-la enfin vous les  pauvres victimes d’un noble dévouement s’asseoir au chevet des malades et des mourants pour les soigner, les consoler, les sauver. C’est dire qu’Erny Saint Julien devenu une pépinière des prêtres a produit des religieux, des hermites, des prêtres séculiers, des religieuses.

Mr  l’Abbé Pierre Obin

Mr  l’abbé Pierre Obin était fils de M. Obin premier brasseur = cabaretier en ce village. Etant curé de l’importante cure de Thienbronne il vient ici pour baptiser Pierre Obin fils d’Augustin et d’Anne Legrand 159O

Il reparaît quelques années après pour conférer le Saint baptême à un enfant né des mêmes époux et portant les mêmes noms que le sieur Dubuis épousa Anne Obin sa sœur, il devient par ce mariage propriétaire de la brasserie.

Mr  l’Abbé Jacques Ignace Obin

C’était probablement le neveu du curé de Thienbronne. Il était vicaire de Coyecques. Lorsqu’il vint marier Philippe Lambert Obin avec Albertine de Remetz en présence de Mr  Du Buisson Doyen et autres écclésiastiques Plus tard il baptisa Philippe Albert Obin né de ce mariage et quelques années après il est parrain d’un enfant issu des mêmes parents. Mais alors ce n’était plus un simple vicaire de Coyecques, il était le doyen de l’importante cure de Dohen.

Mr l’Abbé Florent Ogier

Il était fils de Liévin Ogier et de Marie Barbe

Etant vicaire de Lisbourg, il vint marier à Erny Saint Julien, Marie Jeanne Isabelle Ogier sa sœur avec Jean-Baptiste Marche Delplace d’Enquête. Dans  la suite, on le revoit à l’enterrement de Jean-François Derisdourg.

Mr l’abbé Antonin Jean-Baptiste Genelle fils de Jean-François Genelle.Il est  parrain avec dame Marie-Françoise Bocquet à un enfant né de Jean-Baptiste Derisbourg et de Marie-Françoise Genelle. Il  était grand-oncle de l’enfant. Pendant qu’il était curé de la petite paroisse de Westecques, son évêque lui parla un jour de l’état religieux de la paroisse. Depuis vingt ans que je suis ici, répliqua le curé, je réponds, qu’aucun de mes paroissiens n’est damné.

Présomption mon ami, présomption = vérité Monseigneur, vérité. Depuis que je suis ici, personne n’est mort.

Un autre jour l’évêque de Boulogne vint le visiter en arrivant il s’adresse à un homme travaillant dans une grange adjacente au presbytère ouvert, Mr le curé dit à cet ouvrier, l’illustre visiteur « Entrez »  Monseigneur lui répliqua celui-ci dans une minute Mr le curé sera au service de votre grandeur. Quitter son tablier de cuir, revêtir une soutane vite le voilà aux pieds de son évêque, vous l’avez deviné ce batteur en grange c’était Mr le curé Genelle.

Mr l’abbé Happiette

En 1707 François Happiette de Delettes épousa Jeanne Pauchet fille de Louis Pauchet et de Louise Barbault.

De ce mariage naquit Mr l’abbé Happiette curé de Monchy Cayeux qui apparut en 1739 à Erny Saint Julien pour marier Jacques Philippe Pauchet avec Melle Cécile Pruvost.

Mr l’abbé Aimable André Pruvost

Le trente novembre de l’année 1734 est né de Jean-Baptiste Pruvost et de Marie Jeanne Hochart, Aimable André ainsi nommé par Jacques Philippe Pauchet et Marie-Françoise Bocquet ses parrain et marraine. Il vient marier ici Victoire Philippine Pruvost avec Pierre-François Demons de Fruges, il était alors vicaire d’Auchel quand plus tard il assista à l’enterrement d’Angélique Joseph Pruvost sa sœur il était curé de Wamin

Dans la suite des infirmités le forcèrent à quitter son poste. Il revint passer les derniers jours de sa vie au sein de sa famille et mourir à Erny Saint Julien.


Mr l’abbé Pierre-Louis Honicot. Il devint vicaire d’Erny St Julien pays natal de sa mère, Dame Marie Pauchet

Mr l’abbé Charles François  Thuillier était fis de Marc Thuillier et de Marie-Anne Barbions. Il n’est que diacre à l’enterrement de Mr Derisbourg, puis devenu prêtre quelques années plus tard, il vient marier ici Joséphine Rifflart avec Félicité sa sœur âgée de cinquante deux ans. La révolution le força comme tant d’autres à quitter le sol de sa patrie, quand cessa ce temps malheureux il revint en son pays et fut nommé curé de Croisette, paroisse de 600 habitants près de St Pol.

Mr l’abbé François-Joseph Dehenne.

Le 30 du mois de juin 1765 est mort en cette paroisse Mr François-Joseph Dehenne, âgé de soixante onze ans, prêtre érudit et savant. Il était licencié en théologie de la faculté de Paris. Chanoine gradué de Saint Omer, il était venu passer ses derniers jours chez son neveu François Delacres …marié avec Marie Denain Vilain  d’Erny Saint Julien, on peut croire aussi avec raison que Jean-Baptiste Dehenne habitait cette paroisse. Cinq ans avant en effet on le voyait déjà ici. Les funérailles de cet illustre personnage eurent lieu en présence du Saint Dufour chirurgien gradué de la ville d’Aire, ensuite le corps du défunt fut transporté à Saint Omer et inhumé dans la cathédrale de la dite ville.

Mr l’abbé Bigant

Mr Pierre Adrien Bigant descend d’une famille très ancienne d’Erny Saint Julien. En 1580 existaient déjà Jean Bigant, Adrien Bigant. Mr l’’abbé assiste à l’enterrement de Mr Adrien Florent de Ghisville vicomte d’Erny.

Il était alors vicaire de Fléchin.

Date de dernière mise à jour : 22/03/2012

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